Historique

Dès le milieu du XIXe s., les fouilles de J.-H. Michon, F. Arbellot, A. Précigou et A. Masfrand, puis au XXe s. celles de F. Delage et P. Masfrand, ont apporté la preuve de l'importance du site. Nombreux sont alors les puits antiques qui ont été vidés à proximité du bourg et les sondages qui ont été effectués sur la zone du temple de Montélu, du théâtre et des thermes.

Au milieu du XXe s. des études d'envergure sont menées sur les thermes. Les fouilles sont alors conduites par J.-H. Moreau de 1958 à 1988.

A partir de 1995, les fouilles des thermes ont été relancées sous la direction de D. Hourcade et de P. Aupert. Depuis 2004, les recherches sont à la fois intensifiées et diversifiées sur le site. De nombreux spécialistes ont permis d'aborder de nouvelles études, d'élargir les recherches sur l'agglomération et son environnement et de compléter l'étude architecturale des édifices de l’ensemble monumental. De nombreuses équipes travaillent depuis lors sur le site.
 

Le site archéologique  |
 

Le site de Chassenon est situé à la limite de la Charente et du Limousin
Il est composé d’une agglomération secondaire, encore mal connue, située en partie sous le bourg actuel et au sud de celui-ci et d’un ensemble monumental couvrant environ 25 ha au sud-ouest du bourg

Cette agglomération est mentionnée sur par la table de Peutinger comme un mansio (relais routier) nommée Cassinomagus
A l’époque antique, contrairement à aujourd’hui, Cassinomagus dépendait administrativement de la cité d’Augustoritum (Limoges) capitale de cité des Lémovices.

Elle était située en position de frontière, à la limite avec les territoires :
-    des Pictons au nord (cité de Lemonum, Poitiers),
-    des Pétrucores au sud (cité de Vesuna, Périgueux),
-    des Santons à l’ouest (cité de Mediolanum Santonum, Saintes).

Cassinomagus était également un important carrefour économique puisque située au croisement de plusieurs axes majeurs :
-    la voie d’Agrippa (qui reliait Lyon à Saintes),
-    la voie Poitiers-Périgueux,
-    à proximité de la Vienne, peut-être alors navigable

On ne connaît pas encore l’origine de cette agglomération.
Les vestiges les plus anciens datent de la première moitié du Ier s. ap. J.-C.
Cependant, des fouilles récentes commencent à mettre en évidence des traces d’occupation plus précoces.
Vers la fin du Ier s. ou au début du IIe s. ap. J.-C, l’agglomération a dû connaître un important développement économique et édilitaire.
A partir du IVe s. ap. J.-C., Cassinomagus a vraisemblablement subi les conséquences des transformations administratives, politiques, religieuses et économiques de la province.
Si l’ensemble monumental semble être définitivement abandonné entre le Ve et le VIe s. ap. J.-C., l'agglomération secondaire n'est pourtant pas désertée. Elle a même certainement su garder une relative puissance durant le haut Moyen Âge, puisqu'un acte royal y a été signé dans le courant du VIIIe s. Cassinomagus est même attestée comme chef-lieu de vicairie au Xe s. ap. J.-C.

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